Ce qu'il faut retenir
La prothèse totale de hanche (PTH) remplace les deux surfaces usées de l'articulation — la tête du fémur et la cavité du bassin qui la reçoit (le cotyle) — par des implants en titane, en céramique et en polyéthylène. C'est l'une des interventions les plus efficaces de toute la chirurgie : elle supprime la douleur de l'arthrose avancée et rend une hanche mobile et stable dans plus de 90 % des cas.
- Indication : arthrose de la hanche (coxarthrose) douloureuse et invalidante malgré un traitement médical bien conduit ; aussi certaines fractures du col du fémur et l'ostéonécrose de la tête fémorale.
- Technique : voie directe antérieure (VDA), mini-invasive, qui passe entre les muscles sans en sectionner aucun et respecte les muscles fessiers. Récupération plus rapide, risque de luxation réduit, cicatrice discrète.
- Suites : marche le jour même ou le lendemain avec appui complet, 2 à 3 nuits d'hospitalisation, kinésithérapie pendant environ 6 semaines, aucune position strictement interdite.
- Résultat : hanche indolore et « oubliée » dans la grande majorité des cas ; plus de 95 % des prothèses sont encore en place après 10 ans.
L'arthrose de la hanche (coxarthrose)
La hanche est l'articulation qui relie le bassin au fémur. C'est une articulation de type « rotule » : la tête fémorale, sphérique, tourne dans une cavité du bassin, le cotyle (ou acétabulum). Les deux surfaces sont recouvertes de cartilage, un tissu lisse de quelques millimètres qui permet un glissement sans frottement. Un anneau fibreux, le labrum, prolonge le rebord du cotyle et contribue à l'étanchéité et à la stabilité de l'articulation. Une capsule et des ligaments puissants entourent l'ensemble, et les muscles fessiers assurent la stabilité du bassin à chaque pas.
Qu'est-ce que la coxarthrose ?
L'arthrose est l'usure progressive du cartilage. Il se fissure, s'amincit, puis disparaît par endroits : l'os de la tête fémorale frotte alors directement contre l'os du cotyle. En réaction, l'os se densifie (sclérose), se creuse de petites cavités (géodes) et produit des excroissances sur les bords de l'articulation (ostéophytes ou « becs de perroquet ») qui limitent les mouvements. La membrane qui tapisse l'articulation s'enflamme par poussées. Avec le temps, la tête fémorale remonte dans le cotyle usé : le membre se raccourcit légèrement et la hanche se raidit en flexion et en rotation.
Les causes
Coxarthrose primitive
La plus fréquente, liée au vieillissement du cartilage, au terrain familial et au surpoids. Elle apparaît généralement après 60 ans et touche souvent les deux hanches à des degrés différents.
Dysplasie de hanche
Cotyle trop peu couvrant ou mal orienté depuis la naissance : la tête est mal centrée, les contraintes se concentrent sur une petite surface et le cartilage s'use précocement, parfois avant 50 ans.
Conflit fémoro-acétabulaire
Anomalie de forme de la tête ou du rebord du cotyle qui provoque un contact anormal en flexion ; fréquent chez les sportifs, il abîme le labrum puis le cartilage.
Ostéonécrose de la tête fémorale
Mort d'une zone d'os de la tête fémorale par défaut de vascularisation (cortisone au long cours, alcool, certaines maladies), qui s'effondre et déforme la tête.
Séquelles de fracture ou d'infection
Une fracture du cotyle ou du col du fémur, une luxation, une infection de l'enfance ou une épiphysiolyse laissent une articulation irrégulière qui s'use plus vite.
Rhumatismes inflammatoires
Polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante : l'inflammation chronique détruit le cartilage, souvent de façon symétrique.
La prothèse de hanche est aussi le traitement de référence de nombreuses fractures du col du fémur chez le sujet âgé : plutôt que de fixer une fracture qui consolide mal et expose à la nécrose de la tête, on remplace directement l'articulation, ce qui autorise la remise en charge immédiate.
Les symptômes
- Douleur de l'aine, qui irradie souvent vers la face antérieure de la cuisse et parfois jusqu'au genou — une arthrose de hanche se manifeste parfois d'abord par une douleur du genou. Plus rarement la douleur siège dans la fesse ou sur le côté de la hanche.
- Douleur mécanique : à la marche, au démarrage, à la montée des escaliers, puis la nuit aux changements de position à un stade avancé.
- Raideur : difficulté à mettre ses chaussettes et ses chaussures, à couper ses ongles de pied, à écarter la jambe, à monter en voiture ; « dérouillage » matinal.
- Boiterie et réduction du périmètre de marche : la distance parcourue sans s'arrêter diminue progressivement, la canne devient nécessaire.
- Raccourcissement du membre de quelques millimètres à un centimètre, perceptible dans les chaussures ou par l'entourage.
Le diagnostic
L'examen clinique recherche la douleur à la mobilisation de la hanche, la limitation des amplitudes (rotation interne et flexion en premier), une boiterie et une inégalité de longueur. Il écarte les autres causes de douleur de l'aine ou de la cuisse, notamment une origine lombaire (sciatique, cruralgie) ou une hernie. Des radiographies du bassin de face et de la hanche de profil suffisent le plus souvent : elles montrent le pincement de l'interligne, les géodes, la sclérose et les ostéophytes, et permettent de planifier la prothèse. L'IRM n'est utile qu'en cas de radiographies normales avec une douleur persistante, pour rechercher une ostéonécrose débutante, une lésion du labrum ou une fracture de fatigue.
Quand envisager une prothèse ?
Une prothèse de hanche se décide avec vous, lorsque la gêne au quotidien le justifie. Trois conditions sont habituellement réunies :
- une arthrose avancée sur les radiographies (interligne pincé ou disparu) ;
- une douleur et une limitation importantes : périmètre de marche réduit, douleurs nocturnes, raideur qui gêne l'habillage, activités abandonnées ;
- l'échec des traitements non chirurgicaux bien conduits pendant plusieurs mois.
L'âge n'est pas un critère en soi : on opère des patients de 40 à plus de 90 ans, la décision reposant sur l'état général et sur le rapport entre la gêne et les risques. Attendre trop longtemps n'est pas souhaitable non plus : une hanche très raide, des muscles fondus et un raccourcissement marqué rendent la récupération plus longue. L'ostéonécrose à un stade d'effondrement et la fracture du col chez le sujet âgé sont des indications directes de prothèse.
Les alternatives à la prothèse
| Traitement | Pour qui ? | Ce qu'on peut en attendre |
|---|---|---|
| Kinésithérapie et activité adaptée | Tous les stades | Entretien de la mobilité et du muscle ; vélo, natation, aquagym et marche régulière sont bénéfiques. |
| Perte de poids | Surpoids | À chaque pas, la hanche supporte 3 à 5 fois le poids du corps : chaque kilo perdu compte. |
| Antalgiques, anti-inflammatoires | Poussées douloureuses | Soulagement temporaire ; les anti-inflammatoires en cure courte, avec prudence chez les patients âgés ou cardiaques. |
| Infiltration de corticoïdes sous contrôle radiologique | Poussée inflammatoire | Efficacité de quelques semaines à quelques mois ; à espacer d'au moins 3 mois d'une éventuelle prothèse pour ne pas augmenter le risque infectieux. |
| Viscosupplémentation | Arthrose débutante | Effet inconstant à la hanche ; peu utile au stade « os contre os ». |
| Canne | Tous les stades | Tenue du côté opposé, elle réduit d'un tiers les contraintes sur la hanche et le périmètre de marche s'allonge. |
| Chirurgie conservatrice (arthroscopie, ostéotomie) | Patient jeune, conflit ou dysplasie sans arthrose avancée | Correction de la cause avant que le cartilage ne soit détruit ; sans intérêt une fois l'arthrose installée. |
À la hanche, la prothèse partielle (qui ne remplace que la tête fémorale) est réservée à certaines fractures du col chez des patients très âgés et peu actifs. Pour l'arthrose, c'est toujours une prothèse totale qui est posée, car le cotyle est usé lui aussi.
Comment se déroule l'intervention ?
Le principe est de retirer la tête fémorale usée et de régulariser le cotyle, puis de les remplacer par des implants qui reproduisent la mécanique d'une hanche normale : une sphère qui tourne dans une cupule. Deux objectifs guident chaque geste : supprimer la douleur et restituer la géométrie de votre hanche — longueur du membre, déport latéral, orientation des implants — pour qu'elle soit stable, mobile et durable.
La voie directe antérieure
Pour atteindre l'articulation, le chirurgien doit traverser les tissus qui l'entourent. La façon de le faire — la « voie d'abord » — conditionne en grande partie la rapidité de la récupération. La voie directe antérieure (VDA) aborde la hanche par l'avant, en passant dans un espace naturel entre deux muscles (le tenseur du fascia lata d'un côté, le sartorius et le droit fémoral de l'autre, l'intervalle dit de Hueter). Les muscles sont simplement écartés : aucun muscle ni tendon n'est sectionné, et les muscles fessiers, essentiels à la marche, ne sont pas touchés.
- Récupération plus rapide : les muscles intacts fonctionnent immédiatement ; la marche est reprise le jour même ou le lendemain, les béquilles abandonnées en 2 à 3 semaines.
- Risque de luxation nettement réduit : la capsule et les muscles postérieurs, qui retiennent la tête, sont préservés. Il n'y a pas de position strictement interdite après l'opération.
- Moins de boiterie : les muscles fessiers, qui stabilisent le bassin à chaque pas, ne sont ni coupés ni désinsérés.
- Cicatrice discrète, de 8 à 12 cm, sur le devant de la hanche, moins exposée aux frottements que sur la fesse.
- Contrôle radiologique pendant l'intervention : le patient étant sur le dos, une radioscopie vérifie en direct la position des implants et la longueur du membre.
L'intervention est réalisée sur le dos, sur une table opératoire adaptée qui permet de positionner le membre pour préparer le fémur. La voie antérieure demande une courbe d'apprentissage et un matériel spécifique, mais elle est aujourd'hui la voie de référence pour la prothèse de première intention.
Les implants
- La cupule, hémisphère en titane à surface rugueuse, est impactée dans le cotyle préalablement fraisé à la bonne taille. Elle n'est pas cimentée : l'os repousse dans sa surface poreuse et la fixe définitivement en quelques semaines.
- L'insert, en polyéthylène hautement réticulé (un plastique très résistant à l'usure) ou en céramique, se clipse dans la cupule et reçoit la tête.
- La tête, bille en céramique de 32 ou 36 mm, s'emboîte sur le col de la tige. Une tête de grand diamètre augmente la stabilité et l'amplitude des mouvements. Le couple céramique-polyéthylène réticulé est le plus utilisé aujourd'hui : son usure est extrêmement faible.
- La tige fémorale, en titane, est introduite dans le canal du fémur après retrait de la tête et préparation du canal. Elle est le plus souvent non cimentée, fixée par la repousse osseuse ; chez le patient âgé dont l'os est fragile, une tige cimentée garantit une fixation immédiate.
Les tailles sont planifiées avant l'intervention sur les radiographies, puis ajustées en salle d'opération avec des implants d'essai pour obtenir une hanche stable sur toute l'amplitude et un membre de longueur identique à l'autre côté.
Le déroulement en salle d'opération
Anesthésie. Le plus souvent une rachianesthésie (anesthésie du bas du corps par une injection dans le dos), associée à une sédation légère pour que vous soyez détendu. Une anesthésie générale est possible selon vos préférences et l'avis de l'anesthésiste. Une infiltration d'anesthésique local autour de l'articulation limite la douleur des premières heures.
Incision. Oblique, de 8 à 12 cm, sur le devant de la hanche, en dehors du pli de l'aine. Elle est légèrement plus longue chez les patients corpulents.
Durée. Entre 1 h et 1 h 30 d'intervention proprement dite ; comptez 2 h 30 à 3 h entre le départ de votre chambre et le retour, installation et réveil compris.
Fermeture. Les tissus sont refermés plan par plan, la peau par des agrafes retirées à 3 semaines. Pas de drain. Un pansement étanche permet la douche.
Avant l'opération
Une bonne préparation réduit les complications et accélère la récupération. Entre la décision opératoire et l'intervention, il s'écoule habituellement quelques semaines, mises à profit pour :
- La consultation d'anesthésie, obligatoire : l'anesthésiste décide, selon vos antécédents et votre état de santé, des examens éventuellement nécessaires (prise de sang, électrocardiogramme…). Apportez la liste complète de vos médicaments.
- Le traitement des foyers infectieux : toute infection en cours (urinaire, cutanée, dentaire) doit être traitée avant l'opération. Une plaie, un bouton ou une mycose dans le pli de l'aine du côté à opérer peut faire reporter l'intervention.
- L'arrêt du tabac, idéalement 6 à 8 semaines avant : le tabac double le risque d'infection et de problèmes de cicatrisation.
- La gestion des médicaments : les anticoagulants et antiagrégants (Sintrom, Xarelto, Eliquis, Plavix, aspirine…) sont adaptés ou interrompus selon les consignes de l'anesthésiste ; les traitements du diabète sont ajustés.
- La « préhabilitation » : quelques séances de kinésithérapie avant l'intervention pour renforcer les muscles de la hanche, apprendre les exercices et la marche avec béquilles.
- La préparation du domicile : retirer les tapis, prévoir un siège de douche, un rehausseur de WC, une chaise à accoudoirs, une pince de préhension et un chausse-pied long pour les premières semaines, et organiser l'aide pour les courses et les repas. Prévoyez qui vous ramènera : vous ne pourrez pas conduire.
- La veille et le jour J : douche à la solution antiseptique, jeûne selon les consignes (généralement 6 h pour les solides, 2 h pour les liquides clairs), bijoux et vernis retirés.
Un indice de masse corporelle supérieur à 40 et un diabète mal équilibré (HbA1c > 8 %) augmentent nettement le risque d'infection et de problème de cicatrisation, en particulier dans le pli de l'aine. Ils ne contre-indiquent pas la prothèse mais justifient de les prendre en charge avant d'opérer.
Les suites opératoires
La récupération après une prothèse de hanche par voie antérieure est rapide : la plupart des patients marchent sans béquilles en 2 à 3 semaines et retrouvent une vie normale en 6 semaines. Le résultat continue de s'affiner pendant 3 à 6 mois.
À l'hôpital
Le lever a lieu le jour même ou le lendemain, avec le kinésithérapeute, en appui complet sur la jambe opérée. Les premiers pas se font avec un cadre de marche ou deux béquilles, puis vous apprenez les transferts (lit, chaise, WC) et les escaliers. La douleur est contrôlée par une association d'antalgiques (paracétamol, anti-inflammatoires, dérivés morphiniques à faible dose si nécessaire) et par le glaçage.
Un traitement anticoagulant préventif (une injection sous-cutanée d'héparine de bas poids moléculaire par jour) est débuté dès le lendemain de l'opération et poursuivi pendant 4 à 5 semaines pour prévenir la phlébite. Les injections sont faites par une infirmière à domicile ou par vous-même après apprentissage. Pas de bas de contention.
La sortie a lieu après 2 à 3 nuits, lorsque vous marchez seul avec vos béquilles, montez quelques marches et que la douleur est contrôlée par des médicaments oraux. Le retour se fait à domicile dans la grande majorité des cas, avec une kinésithérapie à domicile ou au cabinet. Un séjour en centre de revalidation est possible mais rarement nécessaire après une voie antérieure ; il est réservé aux patients isolés ou peu autonomes et se demande avant l'intervention.
Le calendrier de récupération
- Jour 0 – 1Premier leverMarche avec cadre ou béquilles en appui complet, transferts, premiers exercices.
- Jour 2 – 3Retour à domicileMarche autonome avec deux béquilles, escaliers. Injections anticoagulantes, antalgiques, exercices quotidiens.
- Semaines 1 – 3Kinésithérapie à domicile ou au cabinet3 séances par semaine : marche, mobilité, réveil des muscles fessiers. Pansement surveillé. Première consultation de contrôle à 3 semaines, avec retrait des agrafes.
- Semaines 3 – 6AutonomieAbandon progressif des béquilles (une seule, puis aucune), reprise de la conduite vers 3 à 4 semaines, vélo d'appartement. Consultation avec radiographies à 6 semaines.
- Semaines 6 – 12RenforcementMarche sans boiterie, disparition progressive de la sensation de « hanche opérée ». Reprise d'un travail sédentaire, natation, vélo sur route. Consultation à 3 mois.
- 3 – 6 moisRetour aux activitésRandonnée, golf, ski de fond, travail physique. La hanche s'oublie. Consultation à 6 mois.
- 1 anRésultat définitifConsultation de contrôle avec radiographies, puis suivi radiologique espacé.
En pratique
| Activité | Délai habituel | Remarques |
|---|---|---|
| Marche sans béquilles | 2 à 3 semaines | Une canne peut rester utile à l'extérieur quelques semaines de plus. |
| Douche | Dès le retour à domicile | Pansement étanche ; bain, piscine et sauna après cicatrisation complète (4 à 6 semaines). |
| Dormir sur le côté | Dès que c'est confortable | Souvent après quelques jours ; un coussin entre les genoux améliore le confort. |
| Conduite | 3 à 4 semaines | Dès que la marche sans béquilles est confortable et sans antalgiques forts. Monter en voiture : s'asseoir d'abord, puis rentrer les jambes. |
| Travail sédentaire | 4 à 6 semaines | Plus tôt en télétravail, en changeant régulièrement de position. |
| Travail physique | 3 mois | Selon les contraintes du poste. |
| Voyage en avion | Après 6 semaines | Risque de phlébite : se lever et marcher régulièrement pendant le vol. |
| Vélo, natation, aquagym | 6 semaines | Activités recommandées à vie : elles entretiennent le muscle sans contrainte excessive. |
| Randonnée, golf, ski de fond, danse | 3 mois | Sans restriction une fois la hanche récupérée. |
| Tennis en double, ski alpin | 6 mois | Possibles pour les patients qui les pratiquaient avant, avec prudence. |
| Course à pied, sports de saut et de contact | Déconseillés | Les impacts répétés accélèrent l'usure et le descellement. |
La rééducation
La kinésithérapie commence à l'hôpital et se poursuit à raison de 3 séances par semaine pendant environ 6 semaines. Elle vise à rééduquer la marche sans boiterie, à récupérer la mobilité — notamment l'extension, souvent limitée par des années d'arthrose — et à renforcer les muscles fessiers, qui stabilisent le bassin. Les exercices appris doivent être répétés chaque jour entre les séances. Contrairement aux voies d'abord classiques, la voie antérieure n'impose pas de restriction stricte de mouvement : vous pouvez vous asseoir, croiser les jambes et vous pencher en avant. Par prudence, on évite simplement les mouvements forcés d'extension et de rotation externe (jambe tendue en arrière, pied tourné vers l'extérieur) pendant les 6 premières semaines.
Une sensation de tiraillement sur le devant de la cuisse, une zone d'engourdissement à côté de la cicatrice et une fatigue à la marche prolongée sont habituelles pendant quelques semaines à quelques mois. Il est fréquent de percevoir une différence de longueur entre les deux jambes dans les premières semaines : elle est le plus souvent liée à la raideur et aux habitudes de posture et disparaît avec la rééducation.
- Fièvre supérieure à 38,5 °C, frissons.
- Cicatrice rouge, chaude, qui suinte ou s'écarte, ou écoulement persistant au-delà du 5e jour.
- Douleur du mollet, gonflement brutal de la jambe ou du pied.
- Essoufflement soudain, douleur thoracique : appelez le 112.
- Douleur brutale de la hanche avec impossibilité de bouger la jambe ou raccourcissement soudain : appelez le 112 (suspicion de luxation ou de fracture).
- Douleur qui augmente au lieu de diminuer.
Les complications éventuelles
La prothèse totale de hanche est l'une des interventions les plus fiables de la chirurgie, mais comme toute chirurgie elle comporte des risques. Ils sont rares, le plus souvent traitables, et tout est mis en œuvre pour les prévenir. Les fréquences ci-dessous sont des ordres de grandeur issus de la littérature ; votre risque personnel dépend de votre état de santé et vous sera précisé en consultation.
Complications précoces
Luxation
La tête sort de la cupule, le plus souvent lors d'un mouvement extrême dans les premières semaines. C'est la complication que la voie directe antérieure réduit le plus (2 à 4 % par voie postérieure) : la capsule et les muscles postérieurs, qui retiennent la tête, sont préservés. Elle est réduite sous anesthésie ; en cas de récidive, un changement de pièce peut être nécessaire.
Infection de la prothèse
La complication la plus redoutée. Elle peut survenir dans les semaines qui suivent (germe introduit lors de l'opération ou par la cicatrice) ou des années plus tard, par voie sanguine à partir d'un autre foyer (dent, urine, peau). Elle se traite par lavage chirurgical et antibiotiques prolongés, parfois par changement de la prothèse. Prévention : antibiotique avant l'incision, préparation cutanée, arrêt du tabac, équilibre du diabète.
Phlébite et embolie pulmonaire
Formation d'un caillot dans une veine de la jambe (phlébite), qui peut migrer vers les poumons (embolie). Le traitement anticoagulant préventif et le lever précoce en réduisent fortement la fréquence. Une douleur du mollet ou un essoufflement brutal doivent faire consulter sans délai.
Fracture peropératoire
Fissure ou fracture du fémur (col, grand trochanter, autour de la tige) lors de la préparation du canal ou de l'impaction d'une tige non cimentée, surtout sur un os fragile. Elle est le plus souvent reconnue et fixée pendant l'intervention (cerclage, vis) ; elle peut imposer de retarder l'appui complet de quelques semaines.
Inégalité de longueur
Une différence de longueur entre les deux jambes est perçue par certains patients. Elle est le plus souvent inférieure à 1 cm, liée à la correction du raccourcissement dû à l'arthrose, et s'estompe avec la rééducation. Une vraie inégalité persistante se compense par une semelle. Le contrôle radiologique pendant l'intervention vise à la prévenir.
Engourdissement de la cuisse
Le nerf sensitif de la face antéro-externe de la cuisse (nerf fémoro-cutané latéral) passe à proximité de l'incision antérieure. Une zone d'insensibilité ou de fourmillements sur le côté de la cuisse est fréquente, sans aucune conséquence sur la force ni sur la marche ; elle régresse le plus souvent en quelques mois.
Hématome et troubles de cicatrisation
Un saignement sous la peau peut gonfler la cuisse et retarder la rééducation ; une évacuation chirurgicale est rarement nécessaire. Un retard de cicatrisation concerne surtout les patients en surpoids (la cicatrice est proche du pli de l'aine), les fumeurs et les diabétiques.
Lésion nerveuse ou vasculaire majeure
L'atteinte du nerf sciatique ou du nerf fémoral (faiblesse de la jambe) et les lésions des gros vaisseaux sont exceptionnelles.
Complications tardives
Usure et descellement
Avec les années, l'insert peut s'user et les particules libérées provoquer une réaction qui fragilise la fixation des implants (ostéolyse, descellement). La douleur réapparaît alors progressivement. Les matériaux actuels (céramique, polyéthylène réticulé) ont rendu cette évolution beaucoup plus rare. Un changement de prothèse est possible ; le suivi radiologique régulier permet de le détecter à temps.
Ossifications péri-articulaires
Formation d'os dans les muscles autour de la prothèse, visible sur les radiographies. Le plus souvent sans conséquence ; elle peut rarement limiter la mobilité. Un anti-inflammatoire est parfois prescrit en prévention.
Fracture autour de la prothèse
Lors d'une chute, l'os peut se fracturer autour de la tige. Elle nécessite une fixation ou un changement de tige. Prévention de l'ostéoporose et des chutes.
Grincement
Avec un couple céramique-céramique, un bruit de grincement à certains mouvements est rapporté par de rares patients ; il est sans gravité.
Infection tardive
Toute sa vie, la prothèse peut être contaminée par voie sanguine. Toute infection (dentaire, urinaire, cutanée) doit être traitée rapidement, et vous devez signaler votre prothèse à tout médecin ou dentiste.
Comme toute intervention importante, la PTH expose à des complications cardiaques, pulmonaires, urinaires (rétention, infection) ou de confusion transitoire chez le patient âgé. Elles sont anticipées par la consultation d'anesthésie, qui vous informera précisément des risques propres à l'anesthésie. Le décès au décours d'une prothèse de hanche programmée est exceptionnel (de l'ordre de 1 à 2 pour 1 000).
Les résultats
de patients très satisfaits
Douleur supprimée, marche illimitée, « hanche oubliée » dans la vie quotidienne.
de prothèses en place à 10 ans
Et environ 80 % à 25 ans selon les registres nationaux.
pour une vie normale
Marche sans aide, conduite, travail sédentaire ; sport d'endurance à 3 mois.
La prothèse totale de hanche est considérée comme l'une des interventions les plus réussies de la médecine : la douleur de l'arthrose disparaît dès les premiers jours, la mobilité revient en quelques semaines et la plupart des patients finissent par oublier qu'ils portent une prothèse. La marche redevient illimitée, la boiterie disparaît, les escaliers, la conduite, le jardinage et les activités sportives d'endurance sont repris sans restriction.
Quelques nuances : une légère différence de sensation entre les deux hanches, une raideur matinale ou une fatigabilité à la marche très prolongée peuvent persister, surtout lorsque l'arthrose était très ancienne et les muscles affaiblis. Les sports d'impact restent déconseillés pour préserver les implants.
Le suivi à long terme
Une prothèse se surveille. Les consultations de contrôle ont lieu à 3 semaines (retrait des agrafes), 6 semaines (radiographies), 3 mois, 6 mois et 1 an, puis de façon espacée avec des radiographies, même en l'absence de symptôme, pour dépister une usure ou un descellement avant qu'ils ne deviennent douloureux. Entretenez votre hanche par une activité régulière, surveillez votre poids et traitez sans tarder toute infection.
Vos questions sur la prothèse de hanche
La voie directe antérieure aborde la hanche par l'avant, entre deux muscles qui sont simplement écartés : aucun muscle ni tendon n'est coupé. La voie postérieure, longtemps la plus répandue, traverse le grand fessier et sectionne les petits muscles rotateurs situés derrière l'articulation, qui sont ensuite réparés. Avec la voie antérieure, la récupération est plus rapide, le risque de luxation plus faible et il n'y a pas de position interdite. Les implants et leur longévité sont les mêmes.
Les registres nationaux montrent que plus de 95 % des prothèses totales de hanche sont toujours en place après 10 ans, et environ 80 % après 25 ans. Les matériaux actuels (tête en céramique, polyéthylène réticulé) s'usent beaucoup moins que ceux d'il y a vingt ans. La longévité dépend aussi du positionnement des implants, du poids et de l'activité. Si la prothèse s'use, un changement est possible.
Après une voie antérieure, non : vous pouvez vous asseoir, croiser les jambes, vous pencher pour mettre vos chaussures dès que c'est confortable. Par prudence, on évite les mouvements forcés d'extension et de rotation externe (jambe tendue en arrière avec le pied tourné vers l'extérieur) pendant les 6 premières semaines. Les consignes strictes que vous avez peut-être entendues (ne pas croiser les jambes, ne pas s'asseoir bas, ne pas se pencher) concernent les voies postérieures.
Oui, du côté opéré comme de l'autre, dès que c'est confortable — souvent après quelques jours. Un coussin entre les genoux améliore le confort les premières semaines.
Généralement 3 à 4 semaines après l'opération, dès que vous marchez sans béquilles de façon confortable, que vous ne prenez plus d'antalgiques forts et que vous pouvez freiner fort et vite. Pour monter en voiture : asseyez-vous d'abord, puis rentrez les jambes. Prévenez votre assureur si votre contrat l'exige.
Le vélo, la natation, la marche, la randonnée, le golf, le ski de fond, la danse et la musculation douce sont recommandés sans restriction après 6 à 12 semaines. Le tennis en double et le ski alpin sont possibles après 6 mois pour ceux qui les pratiquaient. La course à pied et les sports de saut ou de contact sont déconseillés car les impacts répétés accélèrent l'usure des implants.
Oui, fréquemment. Il suffit de le signaler au personnel. Aucun certificat n'est obligatoire mais un document attestant de la prothèse peut vous être remis. L'IRM reste possible avec une prothèse de hanche (signalez-la au radiologue).
Lorsque les deux hanches sont très abîmées, une prothèse bilatérale en un temps est envisageable chez un patient en bonne santé, la voie antérieure s'y prêtant bien. Le plus souvent, on opère la hanche la plus douloureuse d'abord, puis la seconde 3 à 6 mois plus tard, une fois la première récupérée.
Autres interventions
Ces informations sont données à titre général pour vous aider à comprendre l'intervention. Elles ne remplacent pas la consultation, au cours de laquelle les indications, les alternatives, les bénéfices attendus et les risques sont discutés en fonction de votre situation personnelle. Les délais et fréquences cités sont des ordres de grandeur. Dernière mise à jour : novembre 2026.